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Témoignage de Julien, assistant de service social

Pouvez‐vous vous présentez‐vous en quelques mots (prénom, âge, études/parcours, profession, hobbies, …)

Julien ASS

Je suis Julien Maudoux. J'ai 30 ans, et je suis Assistant de Service Social Scolaire. J'ai obtenu mon Bac ES en 2003, et après une année de formation en Institut de Formation en Soins Infirmiers, j'ai exercé la profession d'aide‐soignant en psychiatrie et géronto‐psy. Je suis entré en formation en 2006 à l'IFTS Croix-Rouge Ollioules. J'avais alors tout juste 23 ans. J'ai obtenu mon D.E. en juillet 2009 et j'ai immédiatement trouvé du travail au sein du Service Social en Faveur des Elèves du Var dès fin août. J'y exerce toujours, intervenant sur un lycée général, un lycée hôtelier et un collège, en qualité de titulaire et de référent de site qualifiant. (C’est à dire que je m'occupe de l'accueil des étudiants ASS en stage au sein de notre service.)

J'interviens parfois au sein de l'IFTS Croix-Rouge Ollioules à ce dernier titre, ainsi que sur quelques temps de formation des étudiants ASS. En dehors de mon travail, je suis musicien semi professionnel et j'ai plusieurs hobbies tournant autour de la musique et de la culture Geek, ce qui est un atout non négligeable dans mon métier!

Pourquoi avez‐vous choisi la formation d’assistante sociale ? Qu’aimiez-vous particulièrement dans cette formation ?

Lors de mon parcours étudiant, j'ai vécu une belle rencontre. J'étais en stage en service de Cardiologie au sein de l'hôpital de Toulon. Un patient d'origine anglaise, âgé de 65 ans, a été admis pour un Accident Vasculaire Cérébral et souffrait d'une légère paralysie d'une partie du visage. Personne ne parlant assez bien l'anglais dans le service, le médecin chef me donna la charge d'être présent auprès de ce patient pour traduire et transmettre ses demandes. De ce fait, j'ai pu travailler avec différents services, y compris le service social de l'hôpital. Occupant cette position privilégiée autour du patient, j'ai pu me rendre compte des incertitudes sur son devenir, ses inquiétudes, la complexité des démarches qu'il avait à accomplir et en plus de son état de santé. Je me suis ainsi initié à la relation d'aide et l'approche globale, mais je l'ignorais alors.

J'avais découvert une autre manière d'aider, une autre façon d'apporter un "mieux‐être" que le soin médical. J'ai donc mis fin à mes études d'infirmier. Deux années plus tard, après avoir exercé en psychiatrie et en géronto‐psy en tant qu'aide‐soignant, j'avais appris à travailler en équipe avec l'Assistante Sociale de la clinique et découvert son travail, ses fonctions, ses missions et ses responsabilités. J'avais choisi mon métier.

Je me suis présenté au concours, que j'ai obtenu. Je ne connaissais que peu les contenus de formation, et je suis allé à la découverte d'un métier passionnant et enrichissant. La formation d'ASS a de cela de passionnant qu'elle nous fait énormément évoluer et cheminer dans nos façons de percevoir le monde et nos réalités. Nos préjugés sont doucement balayés, pour faire place à une approche mêlant la curiosité et la neutralité bienveillante. Nous devenons plus "à l'écoute" des autres et de nous‐mêmes. On apprend à s'apprivoiser comme futur travailleur social. C'est parfois difficile, mais particulièrement enrichissant.

Est‐ce que cette formation a répondu à vos attentes et vous aide dans votre métier actuel ?

Je me souviens avec amusement de mon premier jour de travail. Jeune professionnel, je venais de prendre possession de mon bureau, je me suis assis, j'ai respiré un grand coup et je me suis dit "je ne sais rien faire." Un peu paniqué, j'ai regardé la porte de mon bureau, et j'ai alors pensé que si quelqu'un rentrait, je serai incapable de l'aider. Mais quelqu'un est effectivement entré, une jeune élève qui avait besoin qu'on l'aide à avoir une place dans la section qui l'intéressait. Nous avons travaillé ensemble. J'ai pu répondre à sa demande. Je savais "être" plus que je ne savais faire. Et cela à suffit.

Ce savoir être, je l'ai appris en formation. Le contenu de formation nous propose de nombreuses approches en sciences humaines, allant de la sociologie à la psychologie, passant par des apports en économie, en philosophie, ... Il faut ajouter à cela des cours de communication, des moments de travail sur nos ressentis et nos façons de percevoir le travail social. Sans oublier les outils nécessaires pour passer le Diplôme d'Etat! Je me dis parfois que l'on a beau être Assistant de Service Social, on n'arrête jamais vraiment d'apprendre à l'être.

La formation permet de se préparer à commencer sa carrière. Le savoir théorique vient s'articuler avec les nombreux stages que l'on y effectue. C'est l'occasion de se lancer sur le terrain, de confirmer son choix professionnel, et de commencer à travailler et accompagner notre public. L'articulation entre la théorie et la pratique se fait souvent d'elle‐même, on s'en rend compte un peu plus tard.

Qu’est‐ce qui vous a séduit dans ce métier ? Qu’est‐ce qui vous séduit toujours dans votre exercice au quotidien ?

Le métier d'ASS offre de multiples débouchés. Dans mon cas, le stage de troisième année m'a permis de trouver ma voie, en me mettant au service des élèves. Je suis passionné par mon métier. En rentrant en formation, je n'envisageais que les aspects que j'en connaissais pour avoir travaillé aux côtés d'ASS. Mais en le devenant moi‐même, j'ai appris l'importance de l'aspect fédérateur du métier. L'ASS doit pouvoir être en mesure d'accompagner, d'orienter et d'écouter. C'est très souvent les personnes que l'on reçoit qui ont déjà leurs propres solutions, il nous appartient de les soutenir. Il y a une image qui me tient à coeur: L'ASS ne tient pas les personnes par la main, il marche à côté d'eux. Nous n'assistons pas, nous accompagnons, et valorisons les capacités et l'autonomie des personnes qui nous sollicitent.

En appliquant cela aux adolescents, il faut bien garder à l'esprit que ce sont des êtres en construction, qui grandissent, mûrissent, et changent considérablement tout au long de leur scolarité. C'est réellement tout l'enjeu de mon métier. Je suis « au service » de l'élève, avant d'être au service des familles ou des établissements dont j'ai la charge. Ce positionnement me permet de créer des relations de confiance, et de pouvoir accompagner au mieux les élèves. Cette position de fédérateur, d'interface entre les différents services (psychologues, éducateurs, Aide Sociale à l'Enfance,...) est au coeur de mon métier.

La créativité est aussi une notion importante. Je suis souvent amené à créer des outils de prévention et les mettre en oeuvre, à destination des familles et des enfants. Cet espace de liberté et de création permet justement de rester à la page des besoins des élèves.

Pouvez‐vous d’ailleurs nous décrire vos missions quotidiennes ? Quelle est la semaine type d’une AS ?

Mes missions d'Assistant de Service Social Scolaire s'articulent autour de la protection de l'enfance, de la prévention des conduites à risques, de la prévention de l'absentéisme scolaire, ou encore de l'intégration scolaire des élèves à besoins particuliers. Ma semaine de travail s'organise sur les trois établissements dont j'ai la charge. Ainsi, j'y prévois des temps de permanences pour y rencontrer les élèves et les familles sur rendez‐vous. Le reste du temps, je me consacre au travail en partenariat avec mes collègues des équipes éducatives des établissements scolaires, aux tâches administratives ainsi qu'au travail en partenariat externe. Bien sûr, je continue de recevoir les élèves qui se présentent souvent spontanément pendant mes temps de présence.

Parlez‐nous de la structure dans laquelle vous exercez ?

Je travaille pour le ministère de l'Éducation Nationale. Je suis donc employé par le Rectorat de l'Académie de Nice. Le Service Social en Faveur des Élèves est mon service de rattachement. Nous y sommes 32 Assistants de Service Social Scolaire pour couvrir tous les établissements du second degré du département du Var. C'est un service spécialisé envers l'enfance, et nous intervenons souvent dans le champ de la protection. Il existe un SSFE dans tous les départements de France, plus ou moins grand en fonction du nombre d'établissements à couvrir. Nous intervenons donc en cohésion avec nos partenaires CPE, Infirmiers scolaires, médecins, professeurs et autres personnels d'intendance et de direction. Nous travaillons de fait en étroite collaboration avec l'Aide Sociale à l'Enfance et les équipes des Conseils Généraux et de la justice.

Pourquoi avoir choisi d’étudier dans un institut de formation de la Croix‐Rouge française ?

Lorsque j'ai choisi de passer le concours d'entrée, j'ai choisi la Croix‐Rouge Française pour la qualité reconnue de ses formations. De plus, son implantation me convenait parfaitement, me permettant de rester dans ma région d'origine. De nombreux camarades de promo venaient de plusieurs départements de France pour venir y suivre leur formation. Certes, il est important de multiplier ses chances d'entrée en formation, en tenant plusieurs concours, mais la Croix‐Rouge Française offre un important catalogue de formation médicosociale. Cela permet d'effectuer ses études auprès des futurs professionnels avec lesquels nous serons amenés à travailler.

Quels étaient alors vos projets professionnels ? Quels sont‐ils Aujourd’hui ?

Lors de mon entrée en formation, je souhaitais exercer dans le domaine médical, au sein d'un hôpital, par exemple. Mais mon cheminement et mes stages m'ont permis d'aller à la rencontre d'autres domaines, et d'ainsi pouvoir fixer mon choix sur mon poste actuel. Aujourd'hui, je suis titulaire, et je sais que je peux me projeter dans ma carrière. Je pourrais ainsi présenter le concours interne pour devenir Conseiller Technique et ainsi être en charge d'un service, tout comme je pourrais passer le Diplôme d'État d'Ingénierie Sociale et travailler dans le développement social sur un territoire donné.

De plus, via concours interne, il m'est possible d'accéder à l'enseignement. Il me serait aussi possible d'explorer d'autres services dans d'autres ministères. Mais pour l'heure, j'ai encore beaucoup à faire sur mon poste actuel !

Qu’est‐ce que vous aimeriez dire à une personne qui hésite à suivre cette formation pour la convaincre de le faire ?

La formation d'ASS est une formation intense et enrichissante. Elle nous permet, du fait de son contenu et de son articulation, de se construire en tant que futur travailleur social. Loin d'être dans le cliché administratif et coincé que le stéréotype du métier transporte, le métier d'ASS se fait au plus près des personnes. Nous devons être capables d'écoute, d'évaluer leurs besoins, de mettre en place des plans d'aide. Il faut savoir se remettre toujours en question, et continuer d'adapter nos interventions à chacun. Chaque être humain est unique, chaque Assistant de Service Social est unique. Le seul modèle qui existe, c'est le vôtre. Entrer en formation, c'est se donner les moyens de pouvoir exercer son métier, armé de tout le savoir être et savoir-faire nécessaires. Certes, c'est un métier difficile, et les trois années d'études ont l'air fastidieux, mais elles passent très vite. J'ai le plaisir de me lever le matin pour aller faire le métier qui me plait, et c'est tout ce que je vous souhaite.

Souhaitez‐vous ajouter quelque chose ?

Un dernier point de détail me semble important à noter, être un homme dans les métiers du social présente un réel atout. La mixité des équipes permet d'avoir plusieurs regards sur les situations, et si vous n'avez pas peur d'être parfois (souvent.....!) appelés par les usagers « Monsieur l'Assistante Sociale », vous devriez tenir le choc!

Source :

Interview de Julien Maudoux, ASS, 6/2015

http://www.croix-rouge.fr/Actualite/Julien-assistant-de-service-social-1879

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